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정희수 칼럼

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  Dr. Joseph Chung - Column
 정희수 칼럼



Il y avait une vingtaine de professeurs qui étaient tous compétents, dévoués et nationalistes. Ils avaient tous une conviction profonde de l’avenir de la collectivité du Québec. De plus, ils étaient tous humanistes s’inquiétant du problème de faim du monde. Plusieurs professeurs m’ont invité chez eux et m’ont initié à la cuisine québécoise. J’ai eu le plaisir de gouter le creton. L’une d’entre eux m’a confié la tâche d’enseigner la mathématique à sn fils.
Mes camarades de classe étaient comme mes frères et sœurs. Ils m’ont prêté leurs notes de cours; ils m’ont invité chez eux à Noel; ils m’ont invité aux danses carrées à l’Église. Si je suis absent plus que deux jours, ils one venu me voir pour m’encourager.
Ils m’ont confié leur rêve et à leur souci. Bref, ils m’ont permis de partager leur univers.
Le Père Lévesque, mes professeurs et me camarades de classes me manquent terriblement. J’aimerais donc les revoir s’ils sont encore vivants avant je quitte ce monde
6.7  La rencontre avec M. René Lévesque
Quelques semaines plus tard après mon arrivée à la Faculté des Sciences sociales, j’ai reçu un appel téléphonique de M. René Lévesque, journaliste à Radio Canada. Il avait été correspondant de guerre pendant la guerre de Corée. Il avait entendu parler d’un jeune Coréen qui était venu étudier à la Faculté des Sciences sociales après la guerre de Corée. Nous nous sommes entretenus en anglais au téléphone et nous avons convenu d’une rencontre. Quelques jours plus tard, il est arrivé à la Faculté des Sciences sociales. Il m’a salué chaleureusement. J’ai été très impressionné par son regard intelligent et pénétrant ainsi que son charme et son charisme. M. René Lévesque voulait m’interviewer afin de savoir comment, pour quelles raisons et par quels moyens un jeune Coréen se trouvait à Québec, dans une université francophone et à la Faculté des Sciences sociales. Il fut un peu déçu de constater que ma maîtrise du français était très limitée. Alors, l’interview s’est déroulée en anglais. Ce fut une longue entrevue relatant mon histoire personnelle, la guerre de Corée et mon ambition académique et professionnelle.
Une semaine plus tard, il est revenu me rencontrer avec le texte de l’interview traduit en français. Il m’a demandé de lire le texte pendant qu’il l’enregistrait. Les endroits où je devais rire étaient annotés de Ha! Ha! Ha! Un soir, notre interview a passé à Radio Canada et le lendemain à la Faculté, les étudiants me félicitaient et étaient surpris de m’avoir entendu parler en français
J’ai beaucoup d’admiration pour M. René Lévesque. Il fut un journaliste chevronné et je crois qu’il a été peut-être le plus grand chef d’état du Québec ayant eu une vision précise pour la nation québécoise.
Je l’ai vu plus tard à l’Université de Sherbrooke où j’enseignais. Il avait donné une conférence dans laquelle il expliqué avec passion et clarté la nécessité d’une plus grande autonomie pour le Québec. Si je ne me trompe pas c’était en 1968.
La dernière fois que je l’ai vu c’était en Corée dans les années quatre vingt. Accompagné de hauts fonctionnaires du Québec dont M Gilles Morin, Fernand Martin et bien d’autres. Vous savez, j’avais eu le plaisir de connaître ces personnes à la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval. Ils m’ont invité à la réception. C’était un sentiment extraordinaire de revoir M. Lévesque après tant d’années. M. Morin m’a présenté à M. Lévesque et j’ai parlé à ce dernier de notre fameuse interview de 1954. M. Lévesque s’est rappelé très bien de l’interview. Il m’a dit alors, « C’était vous, ma foi! Quant revenez-vous chez nous? » Il est parti, mais il demeure dans les cœurs de millions de Québécois et de Québécoises dont le mien.
7  L’adaptation philosophique
Dans ce chapitre je raconte comment j’ai pu adapter mon humanisme antérieur à celui du Québec. Par humanisme, j’entends la perception du rapport avec soi, avec la famille, avec la société et avec dieu. Il s’agit donc une adaptation de la pensée philosophique.  Avant mon arrivée au Québec en 1954, ma perception de la vie humaine était basée sur les trois systèmes de pensée : le confucianisme, le Bouddhisme et le Shintoïsme. La combinaison  de ces trois systèmes de pensée amène à une vie humaine contemplative caractérisée par la subordination de l’individu aux intérêts des collectivités supérieures.
7.1   Le confucianisme
Le confucianisme voit la structure de la société er de la famille en termes du rapport  entre le supérieur et le subalterne. Ce rapport est en principe réciproque. Le supérieur doit s’occuper du subalterne en vertu de l’éthique « In »(仁), soit la compassion et la bienveillance; le subalterne doit obéir le supérieur en vertu de « Hyo »(孝)soit la piété filiale. J’ai expliqué ci-dessus qu’en Corée, la vertu d’obéissance  domine sur le vertu de compassion. Ceci a crée une injustice sociale et la création d’une culture de corruption de la classe dominante dans la société coréenne.
La vie sous le régime de confucianisme se caractérise par le dévouement aux intérêts de la famille au dépends des intérêts individuels et par la difficulté pour un individu de développer ses propres potentiels. Ceci peut se traduire par le sous-développement de la société. Durant ma jeunesse, j’ai témoigné plusieurs cas des victimes du confucianisme. 
Sous le régime du confucianisme, il est difficile d’avoir un rapport d’amour entre le fils et le père. Le rapport est vertical, autoritaire et sévère. Le fils doit obéir; il n’a pas le droit au bonheur. Le rapport père-fils peut facilement dégénérer en rapport de haine. Le mari d’une de mes consœurs  de l’Université national de Seoul est mort en frappant son épouse. Il avait l’habitude de la violenter. Un jour, ses amis lui demandent pourquoi il frappe sa femme; ils lui demandent si il ne l’aime pas. Chose étonnant est qu’il aime sa femme. Pourquoi alors bat-il sa femme. Il aurait répondu que sa femme se transforme en son père à lui; il ne frappe pas sa femme; il frappe son père en vengeance.