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정희수 칼럼

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  Dr. Joseph Chung - Column
 정희수 칼럼



Père Lévesque m’a envoyé à Sept-Iles qui était une ville en pleine effervescence économique. À environ 150 km au nord de Sept-Iles, la compagnie Iron&Or du Canada exploitait des mines de fer à Sherfferville, le minerai était ensuite acheminé au port de Sept-Iles. Cette ville appartenait à la Iron&Or. Elle attirait des gens de toutes nationalités, parce que les salaires étaient bons. Il y avait des Italiens, des Grecs, des Portugais, des Espagnols, des Américains, des gens de l’Ouest canadien et de Terre-Neuve. Cette ville très dynamique avait une allure de Far West américain du siècle dernier. Tout était importé et coûtait très cher.
J’habitais une maison de chambre et mon voisin était un garçon de Madrid qui ne parlait ni l’anglais ni le français. Quand il se présentait, il disait en espagnol avec une très grande fierté « Je suis un catholique, romain, apostolique » C’était un type très chic et je suis devenu son interprète, car j’avais appris l’espagnol à l’Université Laval en 1955. Les gens de Sept-Iles avait la mentalité bien spécifique des gens qui vivent dans une ville frontalière. Ils consommaient tout, buvaient énormément et vivaient comme s’il n’y avait plus de demain.
J’étais engagé comme manœuvre. Le travail était très dur parce qu’il demandait beaucoup de forces physique six jours semaine. Même si nous étions très bien nourris, je dirais abondamment nourris, j’étais toujours fatigué. Vous comprendrez que je n’avais pas la physique pour l’emploi. Je mesure 1 mètre 74 et je pèse environ 60 kg. Notre travail consistait à entretenir la ligne de chemin de fer entre Sept-Iles et Shefferville. Comme travail, nous devions d’une part transporter des pièces de bois, de fer, de l’équipement et, d’autre part, creuser des trous le long de la ligne de fer.
Étant donné que cette activité de creuser des trous ne demandait pas beaucoup de force physique, mais surtout de la constance, j’ai marchandé avec mes camarades pour que je creuse les trous au lieu de transporter des choses lourdes et, ils se sont fait un plaisir de me laisser cette responsabilité. Même si on travail très fort, on riait beaucoup. Le dimanche était notre jour de congé  et on allait à la plage pour profiter de la baignade et du soleil. Un de mes camarades, un noir africain se lève et dit «  Mes amis, est ce-ce qu’il y quelqu’un de plus bronzé que moi? » Une situation comme celle-ci nous détendait grandement.
Dans mon équipe de travail, il y avait également un Indien autochtone qui vivait dans la région de Sept- Iles. Il était très intelligent et très travaillant. Peu à peu, il  m’entretenait des difficultés que les Indiens avaient pour être reconnus et respectés dans la société canadienne. Un jour, il m’a invité chez lui et m’a présenté sa famille. La Société canadienne d’hypothèque et de logement leur avait donné une maison unifamiliale aux confins de la ville. La famille n’habitait pas la maison quoique joli et en bonne condition. Cette maison était utilisée pour remiser leurs biens. La famille se trouvait plus confortable dans une tente qu’ils avaient montée à coté de la maison. Cette situation décrit très bien le décalage qui existe au niveau du système de valeur.
Le jeune Indien me confiait que ce que les autochtones voulaient tout simplement était l’autonomie politique et le respect des Traités entre les blancs et les Indiens. Le problème me semblait compliqué et très complexe. Cependant, s’il y a une base de commune entente, c’est sûrement la compassion, l’amour et la compréhension mutuelle.
Mon premier été à Sept- Iles a été très bénéfique, parce que le travail m’a permis de refaire ma santé physique et gagner d’argent. Ma vie était purement physique mais j’y trouvais une joie de vivre particulière. En effet, j’ai apporté plusieurs livres en économique, mais je n’ai pas lu une seule ligne. À l’été 1957, je suis retourné à Sept- Iles et, la compagnie Iron &Or du Canada m’a honoré d’une promotion. Je suis devenu commis d’un camp d’entretien du chemin de fer reliant Sept- Iles à Shefferville. Mon camp était situé au poste 74, soit 74 miles au nord de Sept- Iles. Mon travail était d’une simplicité. Il me suffisait de faire la gestion de 76 travailleurs, vérifier les horaires et les heures travaillées, de les communiquer au bureau chef de Sept- Iles et quelques petites tâches connexes. Le tout pouvait être bouclé en quatre heures.
En même temps, j’assumais la gestion d’un petit magasin (un très petit dépanneur). J’y vendais des cigarettes, du chocolat, des sous-vêtements, des gants et même des radios à ondes courtes.


Avec moi, il y avait un jeune étudiant en médecine qui venait de l’Université Western Ontario. Il assumait les premiers soins aux malades et aux blessés. Son nom était Jim Brown. Désirant augmenter nos revenus, nous avons mis sur pied une buanderie, La ‘‘Buanderie J&J.’’ Les deux ‘‘J’’ représentaient la première lettre de nos prénoms : Joseph et Jim     
Nous avons acquis la laveuse d’une manière très spéciale. Voilà comment. Un jour, j’ai vu un Indien qui se promenait autour de notre camp. Tous les jours, pendant une semaine, il répétait son manège. Ce comportement piquait ma curiosité. Alors, je l’ai invité à entrer dans mon bureau. Il m’a raconté son histoire pour laquelle il ne voyait pas d’issues. Cet Indien était chef de tribu et avait une fille qui avait étudié dans un couvent à Québec. Il y avait un vol, elle a été soupçonnée sans justification et expulsée de ce couvent. De retour dans sa tribu elle a été violée et enceinte. Le père soupçonné était un gars du camp. Il était dépassé complètement par l’évènement et je l’ai aidé à faire des marches juridiques. Il eut un procès qu’il a gagné. Le chef était vraiment content et en guise de remerciement il m’a donné la laveuse. Ce fut l’origine du commerce ‘‘Buanderie J&J.’’
Nous avons un commerce, mais très peu d’expérience dans le lavage de linge. Alors, notre premier client arrive. C’était un grand gaillard de Terre Neuve d’une stature très imposante. Il nous a confié un chandail pure laine. Et qu’est ce qu’on a fait? On l’a lavé à l’eau bouillante! Imaginez ce qui est arrivé. Il a rétréci comme un chandail d’un enfant. On avait peur que notre client nous écarbouille. Alors, on a songé à une stratégie réparatrice. Sachant quelle marque de cigarettes qu’il aimait, on a préparé un carton de cigarettes qu’on a enroulé dans le chandail. Quand il s’est présenté à notre buanderie, on s’efforçait de sourire en présentant le ‘‘paquet’’. Finalement, il a trouvé cela très drôle et; il n’était pas choqué. Je dois vous avouer que notre entreprise n’était pas très rentable.