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정희수 칼럼

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  Dr. Joseph Chung - Column
 정희수 칼럼



Elle m’a raconté son histoire incroyable. Pendant l’occupation de l’armée nord-coréenne à Choochon, au mois de septembre 1950, un soir, deux hommes se présentent chez ma mère; il faisait noir; un d’entre eux entre dans la maison, il demande à elle où se trouvaient mes frères en la menaçant avec pistolet sur sa tête. Elle était âgée de 67 ans. Elle m’dit qu’elle pensait que c’était la fin de sa vie. Chose incroyable, elle a dit à l’homme qu’elle savait où se trouvaient mes frères, mais elle ne dirait pas où. La dessus l’homme allait tirer, mais à ce moment précis, l’autre homme qui était derrière a dit,   «  C’est assez! Allons y!» Donc, cet homme-là a sauve la vie de ma mère. Plus tard, j’ai appris qu’il était un ami à moi qui est devenu communiste.  C’est une histoire de la victoire de l’amitié sur l’idéologie. Également, c’est une histoire de la puissance de l’amour maternel. Mon ami en question fut capturé plus tard par l’armée sud-coréenne et fut fusillé.

  Ma mère m’a raconté l’histoire de mon premier frère ainé, Kee Soo. Il s’est capturé par les communistes et se trouvait parmi les gens qui allaient vers la Corée du  Nord pour des travaux forcés au front. C’était un voyage vers la mort certaine. Un des gardes est venu à côté de mon frère et lui dit de partir et il a pu se sauver; le garde était un ami de ma famille qui se fait capturer et qui devait garder les prisonniers.

  Ma mère a toujours été mon héroïne. Elle a perdu son  mari à l’âge de 40 ans. Elle devait élever huit enfants. Elle ne connaissait pas comment gérer les affaires; mon père était propriétaire foncier. Mon frère ainé était de 15 ans et il n’était pas en mesure d’aider ma mère. Profitant de la situation, mes oncles et les fermiers ont volé nos terres. Mon frère devient victime du jeu de carte et passe son temps en gaspillant la fortune de la famille. Ma mère décide de déménager à Choonchon pour l’éducation de ses enfants. Là, pour vivre, elle transforme sa maison en chambres à louer; elle a du faire travaux lourds même au dépend de sa santé. Mais elle réussi à élever tous ses enfants. L’éducation en Corée à cette époque-là coûtait cher. Je me souviens de la voir vendre des vaisselles et des vêtements en promenant dans des villages lointains pour payer les frais d’inscription des ses enfants.

  Je pense que la situation familiale et la puissance de l’amour maternel de ma mère m’a inspiré énormément et elle m’a donné la force et la détermination de surmonter n’importe quoi dans ma vie à venir. Au fait, je suis convaincu que la force motrice de la vie humaine est l’amour, surtout l’amour inconditionnel, par exemple l’amour maternel et l’amour de Dieu.

 5  Le voyage

5.1   Le départ

   C’était sur un navire norvégien, le Chimoutchac ancré dans le port de Busan que j’ai quitté la Corée à 20 heures un soir de la fin Janvier 1954. C’était un cargo d’à peine 4 000 tonnes, donc, un petit navire considérant qu’il devait affronter l’Océan Pacifique.

  J’avais dû attendre presque deux ans pour obtenir un permis de quitter mon pays. À l’époque, la politique du gouvernement coréen était d’empêcher tous les jeunes coréens de partir, parce qu’il fallait d’une part, maintenir les effectifs des forces armées et d’autre part empêcher les communistes de quitter le pays.

  Nous devions donc nous soumettre à une litanie de testes et d’examens plus difficiles les unes que les autres en histoire de la Corée, mathématique, anglais, examen physique, évaluation de la pensée idéologique et politique, etc. J’ai finalement obtenus le feu vert du gouvernement coréen et le visa de l’ambassade canadien de Tokyo.

  Nous étions dix sept jeunes coréens sur ce navire norvégien: 8 filles et 9 garçons. Tous allaient aux États-Unis sauf moi. Nous nous sommes vite liés d’amitié puisque nous étions tous des jeunes avec des rêves et de visions pour l’avenir de notre pays. Nous discutions portaient sur la reforme agraire, la justice sociale, la reforme de l’éducation afin de démocratiser l’éducation, la nationalisation de l’électricité afin d’accélérer l’industrialisation et l’abolition des mariages arrangés. De toute façon, tout était à refaire.

  On a traversé l’Océan Pacifique du nord qui était très connu pour des vagues violentes. On mangeait à la table du capitan de vaisseau; il arrivait souvent que nos plats de repas, les ustensiles et les tasses tombent par terre à cause des vagues de plusieurs mètres d’hauteur. Il fallait serrer la ceinture de sécurité au lit. Pendant deux semaines de voyage, on avait tous mal de mer.

  Cependant on était heureux et excité, car on allait vers un avenir rempli d’espoir et de grandes attentes. On était joyeux; on fait semblant de chanter l’opéra improvisé.  Surtout on a passé des nuits en discutant de ce qu’on va faire après nos études pour la Corée.

  Je me trouvais souvent seul sur le pont du vaisseau et regardais la mer. Le vaisseau me semblait aussi petit qu’une feuille flottant sur l’immense mer. Je me sentais toute seule dans le monde. Le vaisseau me semblais mon destin qui va amener ma vie au port d’arrivé, J’ai prié que le vaisseau m’amène au port que je voulais.