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정희수 칼럼

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  Dr. Joseph Chung - Column
 정희수 칼럼




                                Joseph Hee Soo Chung, Ph.D., Professeur, UQAM

 

 La littérature sur l’intégration d’immigrants voit le processus d’intégration comme celui d’acculturation. On distingue les quatre types d’acculturation : la séparation, la marginalisation, l’assimilation et l’intégration. Dans le modèle de séparation, l’immigrant ignore complètement la culture de la société d’accueille; dans celui d’assimilation, l’immigrant abandonne son ancienne culture; dans celui de marginalisation, il n’accepte ni son ancienne culture ni la nouvelle culture. Le modèle idéal est celui d’intégration où l’immigrant maintient  à la fois une partie de deux cultures. Par ailleurs, le système de multiculturalisme du gouvernement fédéral s’inspire de ce modèle.

  La question qui se pose est le pois relatif des deux cultures dans le processus d’intégration. La distribution des pois dépend, avant tout, de la distance culturelle. Dans un cas extrême, les deux cultures peuvent être les même, ou presque les mêmes. Donc la distance culturelle est zéro. Ceci peut être le cas  d’un immigrant français. Le problème d’intégration ne se pose pas. Cependant, pour la majorité d’immigrants, la distance culturelle est positive; elle n’est point zéro.

  Dans la mesure où la distance culturelle est grande, l’intégration devient plus difficile, car l’immigrant doit abandonner une plus grande partie de son ancienne culture. C’était mon cas. Il y a une grande distance entre la culture coréenne et la culture québécoise. Pour me faire accepter, il fallait abandonner une bonne partie de mon ancienne culture. Aussi long temps que je persiste à retenir la culture coréenne je ne pourrais pas m’adapter à la façon québécoise de penser et d’agir.

  Au fait, j’ai vécu comme un Québécois de souche; j’ai pensé comme Québécois; j’ai agit comme Québécois. J’ai abandonné la culture coréenne pour m’intégrer. La cuisine, le choix de meubles, la préparation des soirées et tous les aspects de la vie familiale et sociale étaient décidé par Lucie. Même l’éducation de Natalie, ma fille, était planifiée largement par elle. Je ne voulais être un père autoritaire; je n’insistais pas outre mesure l’importance de bonne note de dossier scolaire de Natalie. Je suis convaincu que l’intégration d’un immigrant nécessite l’abandon d’une partie plus ou moins grande de la culture du pays d’origine. L’ampleur de cet abandon serait d’autant plus grande que la distance culturelle est grande. Cet abandon de la culture du pays d’origine peut signifier un changement profond dans le comportement de l’immigrant bien intégré; il se peut qu’il ne se comporte plus comme avant l’immigration.

  Dans mon cas, à cause de la grande différence culturelle, mon intégration m’a induit à me comporter plus comme Québécois de souche que me comporter comme Coréen. Est-ce que cela veut dire je ne suis plus Coréen? C’est vrai, car je suis devenu un Québécois.  Alors, est-ce que ça veut dire que je n’ai aucun attachement à la Corée? Je pense que mon intégration ne m’empêche pas d’avoir un profond attachement à mon pays natal. J’aime la Corée. Je suis attaché à la Corée, parce que j’y suis né, parce qu’il est le pays de ma famille coréenne, parce qu’il y a des amis. L’aime la Corée en dépit de la corruption de leaders de la société, pace que ma fille Natalie et mon petit-fils Philippe ont du sang coréen.

  Il importe de noter qu’ainsi le rapport d’un immigrant bien intégré avec son pays natal est plus  psychologique et spirituel que comportemental. Cependant, dans la mesure où la distance culturelle est grande, le comportement d’un immigrant intégré change et il ne comporte plus comme avant son immigration.

  C’est ainsi que l’intégration d’un nouveau venu est difficile même pour quelqu’un qui maîtrise la langue, qui a obtenue tous les trois diplômes universitaire et qui a une carrière professorale pendant un demi siècle. Ceci nous amène à penser à l’intégration d’immigrants de la première génération qui ne maîtrisent pas la langue et qui n’ont aucune notion de la culture québécoise. Il faut faire tout pour les inciter à s‘intégrer, mais il ne faut faire d’illusion.

  Il n’y a aucun doute que les immigrants de la première génération vivent dans un ghetto culturel; ils ne sont pas intégrés du tout. Même s’ils maîtrisent la langue, ceci ne garantie point leur intégration. Autrement dit, il ne faut pas juger le degré d’intégration uniquement en fonction de la maîtrise de la langue française; il faut le juger aussi en fonction de l’adaptation à la culture québécoise.

L’implication politique est claire. Il faut continuer la politique de francisation, mais ceci ne suffit point, car la véritable intégration d’un immigrant présuppose la connaissance et  l’acceptation de la culture Québécoise, le partage de la vision du peuple québécois et la participation active et positive à la vie collective du Québec. Il faut donc en même temps inciter « fortement » les immigrants à sortir de leur ghetto culturel et entrer dans la culture québécoise

Bref, j’aime la Corée; j’aime le Québec