메뉴 건너뛰기

정희수 칼럼

본문시작

KUKI Home Inspection and Photo

  Dr. Joseph Chung - Column
 정희수 칼럼




                                                                         Joseph Hee Soo Chung, Ph.D., Professeur, UQAM

 

 J’ai demandé au groupe leur commentaire sur le voyage qui pouvait résumer en deux choses. D’abord, ils m’ont dit qu’ils étaient étonnés d constater la vivacité et le dynamisme des Asiatiques. Ils m’ont dit qu’ils avaient l’impression qu’au Québec on dort; il faut qu’on bouge plus pour concurrencer avec l’Asie. Une chose certaine est que ce voyage a certainement élargi l’horizon de leur perception du monde.

  Ce voyage avait une signification spéciale pour moi. Ce voyage m’a permis pour la première fois dans ma carrière professorale une vraie communication soutenue avec les jeunes. La veille de d’adieu, ils m’ont demandé de leur donner mes conseilles sur leur carrière. Ceci était résultat de communication entre nous pendant un an. J’ai invité chacun tour à tour. Je leur ai expliqué les potentiels ainsi que leur faiblesse. Certains d’entre eux ont versé de larme; moi aussi. C’était le plus beau moment dans ma carrière; car c’était la manifestation d’amour entre professeur et étudiants.

 

11  L’adaptation politique

  D’après moi, l’intégration ultime d’un nouveau venu est l’adaptation politique. Par l’adaptation politique, j’entends un processus où le nouveau venu comprend les problématiques de la société d’accueille, apprécie  les accomplissements important de cette dernière et participe activement aux politique mise en application par la collectivité.

  Dans ce chapitre, je raconte ma perception et mon appréciation des évènements suivants ainsi que ma participation : la Révolution tranquille, le miracle économique de Fleuve St-Laurent, le mouvement de souveraineté-association et la politique d’immigration.  Je raconte aussi ma participation à ces évènements.

11.1   La révolution tranquille 

  La Révolution tranquille des années 1960 et 1970 est sans doute un des  rares phénomènes historiques qu’on a observé dans le monde. Depuis a conquête de 1759, le Québec a été une entité colonisée, dominée, humilié, aliéné par le Canada anglophone. Pendant trois siècles et demi, les Québécois ont supporté la peine de la conquête avec patience, humilité et courage. Mais, dans les années le Québec  s’est retrouvé

 

  La Révolution tranquille est un phénomène complexe et multidimensionnel. Alors, comment peut-t-on la définir? J’ose la définir. Voici. d’après moi, « la Révolution tranquille est un processus en vertu duquel le peuple québécois francophone a enfin affirmé sa place dans le système fédéral du Canada, dans ses relations avec la France et avec les États-Unis et enfin avec le reste du monde; ils ont réaffirmé leur dignité en tant que peuple civilisé; ils ont consolidé leur identité culturelle et linguistique; ils ont renforcé leur confiance collective en leur capacité intellectuelle, scientifique et politique ainsi que leur capacité de maîtriser leur destin collectif. 

  La Révolution tranquille était une manifestation de la vision et du rêve des Québécois de prendre en main leur destin et de devenir une collectivité de dignité, de prospérité, de justice sociale, de liberté et d’égalité. D’une manière concrète, la Révolution tranquille était un mouvement total pour la libération de la domination du Canada anglais d’une part et d’autre part de  celle de l’Église catholique.  La Révolution tranquille est plus que le rattrapage phénoménal du niveau de vie au Québec par rapport à celui de l’Ontario. Je pense que la Révolution tranquille est plus que la somme totale de toutes ces réformes; elle est la transformation profonde de la société québécoise, la renaissance du peuple québécois; elle a donné à ce dernier une nouvelle façon d’être, de penser et d’agir. C’est pourquoi j’admire tant la Révolution tranquille.

  Ce qui m’a profondément impressionné est que l’Église catholique qui a dominé le Québec d’une manière total et qui a pratiquement joué le rôle de l’État du Québec depuis la conquête a accepté sans contestation visible le transfert de pouvoir au gouvernement dans les domaines d’éducation, de services médicaux et de  services sociaux. Ce qui est arrivé dans les années 1960 et 1970 au Québec fut une véritable révolution qui pouvait être très bruyant. Cependant, grâce à la coopération tacite de la part des autorités de l’Église et le rôle joué par des clergés, en particulier, l’Abbe P. O’Neil et l’Abbe G. Godin de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval, le révolution s’est produit sans bruit. Je pense que c’est absolument extraordinaire. Il n’est pas facile pour l’Église de renoncer le pouvoir monopolisé depuis trois siècle et demi. Ceci prouve la force et la cohésion de la collectivité québécoise.

  Un autre aspect de la Révolution tranquille fut la réforme du système d’éducation. J’ai beaucoup aimé la création du réseau des campus de l’Université du Québec en 1968. J’ai pensé que le système de l’Université du Québec a eu double effets bénéfique. D’une part, il a démocratisé et spécialisé l’éducation universitaire d’une part, et d’autre part, il  a intégré les institutions de haut savoir au développement régional. Étant professeur de l’économie régionale et urbaine, j’avais toujours préconisé la décentralisation de l’éducation universitaire.

  J’ai quitté HEC de l’université de Montréal pour me joindre en 1972 à l’UQAM. Cette dernière n’avait encore pas son campus propre; on a donné des cours au Collège Ste-Marie. Mon bureau était situé au 5è étage de l’édifice de la Banque de Montréal au coin de Blerry et Ste-Catherine Ouest. Il y avait une atmosphère d’excitation, de vision et d’espoir. L’UQAM voulait être une université populaire et non université d’élite. Elle voulait être près de gens ordinaires.