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정희수 칼럼

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  Dr. Joseph Chung - Column
 정희수 칼럼



Le Père a insisté sur le fait que sans la liberté académique, il n’y aurait pas de progrès des arts et des sciences. Pour lui, la liberté et la vérité sont les deux pôles essentiels de toute activité, «  La vérité nous rend libre, la liberté nous rend vrai. »  Il disait aussi, «  la liberté m’apparaît comme l’air qu’on respire. » Pour lui, il y avait une autre sorte de liberté qui était aussi importante. Il s’agissait de la liberté matérielle. Pour lui, manger, s’habiller, se loger, et satisfaire aux autres besoins de base constituaient une liberté absolument nécessaire. Ici, le Père Lévesque se référait aux Québécois qui souffraient de la pauvreté. Son message était clair ! Il fallait une reforme économique au Québec. Il fallait absolument que le peuple québécois se libère de la pauvreté et de la domination anglophone.           
L’humanisme du Père Lévesque impliquait l’amour « agapé. » L’homme est crée par le Dieu à son image ! Par conséquent, tout homme mérite d’être respecté et aimé. On doit l’accepter par l’esprit et l’aimer par le cœur. L’être humain est un être social, par conséquent, les problèmes humains sont dans une large mesure des problèmes sociaux. Les sciences sociales qui s’intéressent aux problèmes sociaux s’intéressent forcement à l’humanisme. Les politicologues, les sociologues, les économistes, les travailleurs sociaux, les experts en relations industrielles doivent tous s’intéresser à l’humanisme. Bref, les sciences sociales sont des sciences de l’humanité et les experts en sciences sociales doivent donc participer aux œuvres de Dieu. En somme, l’humanisme est basé sur la valeur de l’homme et la valeur de l’homme ne peut s’épanouir que si l’homme sert la société. Il convient de noter que beaucoup de finissants de la Faculté des sciences sociales formés par le Père Lévesque quittaient la Faculté avec une mission sociale et ils sont devenus des leaders remarquables de la Révolution tranquille.
La notion de l’humanisme du Père Lévesque aboutit naturellement à la  notion du sens social, de la solidarité sociale, de la justice sociale et de la charité. Quand on parle du sens social, on parle avant tout d’une capacité de voir, de juger et de raisonner socialement. On parle d’une attitude de garder son âme ouverte non seulement sur son entourage immédiat mais aussi sur son pays, sur  la société et sur le monde tout entier. La solidarité est la conséquence de la fraternité qui dérive à son tour du sens social. Au fait, la solidarité est la prolongation et l’institutionnalisation de fraternité. En outre, le Père Lévesque voyait un rapport intime entre la justice sociale et la charité. La justice sociale institutionnalisée est non seulement en retard par rapport à la réalité, mais aussi trop rigide pour qu’elle soit accessible à tous. La justice assure à chacun son dû, pour elle, le voisin ne veut pas dire grand chose. Par contre, la charité est plus simple et bienveillante. La justice ajuste les pièces de la société, la charité fournit l’huile nécessaire à son fonctionnement.
Comme le souligne l’encyclique Humanae Vitae, l’organisme économique et social n’atteint son objectif que lorsqu’il donne à tous et à chacun des membres de la société tous les biens que les ressources de la nature permettent. Il faut que les biens soient assez abondants pour que tout le monde puise jouir d’une honnête subsistance.
   Je suis convaincu que la pensée du Père Lévesque a donné aux Québécois une philosophie solide et claire, spécifiant les rôles de chacun dans la transformation profonde de la société québécoise. En somme, ce qu’il a prêché avec tant de passion dérivait les qualités essentielles d’un leader, à savoir, une personne armée de l’humanisme inspiré du christianisme, une personne de compétence professionnelle, une personne qui est soucieuse de libérer les Québécois des contraintes politiques et de la pauvreté.
Au fur à mesure que la Révolution tranquille progressait et que la société se modernisait, les jeunes Québécois avaient tendance à oublier le passé, à quitter en masse l’Église et perdre le sens d’orientation dans leurs comportements. Les jeunes avaient tendance à oublier ce que l’Église a fait pour la survie du Canada français, que ce soit au niveau de langue, de la culture, de la politique et de l’éducation.
Il est vrai que l’Église catholique avait dominé pendant très long temps tous les secteurs de la société québécoise; il est vrai que la première préoccupation de l’Église de sauvegarder la pureté culturelle, avait eu pour effet d’isoler le Québec; il est également vrai que l’Église a empêché le développement normale de l’économie québécoise.
Pour le Père Lévesque, il est important de voir le lien entre le passé et le présent. Pour qu’on puisse respecter l’avenir, il faut respecter le passé. Quand on situe le Québec strictement sur le plan économique et politique, on risque d’avoir une vue biaisée sur le sens de l’histoire. Il ne faut pas écorcher le passé en parlant uniquement avec amertume, en se rappelant seulement des erreurs et des faiblesses, des souffrances, de retards.
Il ne faut pas oublier une multitude de gens d’Église, clercs, laïcs, et une foule d’organismes communautaires et des œuvres caritatives  paroissiales qui se sont consacrés à l’éducation, aux services sociaux et bien d’autres services que le gouvernement ne pouvaient pas offrir. Il ne faut pas oublier non plus la contribution de l’Église au développement de l’économie sociale, du syndicalisme et des coopératives. Par exemple, le mouvement de coopérative Desjardins trouve ses racines dans des sous-sols d’Église. Il ne faut pas oublier non plus les religieux et les religieuses qui ont donné leurs vies au développement des collèges et des hôpitaux.
Les Québécois ne fréquentent plus l’Église, mais, d’après moi, ils sont de bons catholiques dans leurs âmes. Il faudrait peut-être que l’Église s’adapte mieux à la société moderne.
La première chose que l’on peut dire à propos de la pensée politique du Père Lévesque est qu’il était un grand nationaliste et un grand patriote. Mais il a pris la peine de clarifier sa position vis-à-vis la souveraineté en disant qu’il était un nationaliste préférant rester au sein d’une confédération renouvelée.