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정희수 칼럼

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  Dr. Joseph Chung - Column
 정희수 칼럼



8.6   La pensée du Père George Henri Lévesque

  Il n’y a aucun doute que le Père Lévesque fut le père spirituel de la Révolution tranquille. Au fait, il a établi la base morale de la Révolution tranquille et cette base morale se trouvait dans son cours, «  Moral et Technique de l’Action. » Ce cours fut pour moi le cours le plus important de ma vie, car il m’a permis de comprendre la philosophie thomiste et la base du rationalisme du comportement humain. J’ai retenu plusieurs éléments dans ce cours. D’abord, j’ai pu constater la vraie signification d’individualisme occidental. Les Japonais nous disaient que les Occidentaux sont individualistes et ne pensent qu’à leur propre bien-être, bref, les Occidentaux n’ont aucune considération pour l autrui.

  Mais, j’ai appris que l’individualisme occidental signifie plutôt l’accomplissement de ses devoirs et le respect pour les droits des autres. En outre, j’ai trouvé que le confucianisme coréen, en mettant l’accent sur la piété filiale a eu pour résultat de glorifier l’égoïsme familial. Il y a une histoire qui démontre ce genre de pensée. Supposant qu’un fils très dévoué à ses parents mais, très pauvre, vole des médicaments dans une pharmacie pour sa mère malade. Alors, comment doit-on le juger ? D’après la théorie de piété filiale, il ne faut pas le punir, au contraire, il faut en faire d’éloge ! Le dévouement excessif aux intérêts de la famille peut conduire à la corruption, au favoritisme et au népotisme. Par contre, dans la société occidentale, la famille est très importante, surtout au Québec, mais l’importance de la famille ne fait point diminuer l’importance de respecter et aimer les autres, et ceci à cause, sans doute, du christianisme. Pour moi, c’était une importante découverte.

    La pensée du Père Lévesque peut se résumer sous les rubriques suivantes : la notion de prudence, l’importance de l’histoire et le nationalisme. La notion de prudence était transmise à travers son fameux cours, «  Moral et Technique de l’Action. » Ce cours  m’a donné les principes de base de mes comportements futurs. Pour le Père Lévesque, la prudence est l’harmonie parfaite entre la volonté et l’intelligence. L’intelligence sans volonté est stérile et inutile. Si une idée n’aboutit pas à une action, elle reste une simple idée vide et ne peut point contribuer à l’avancement de la civilisation de l’homme. Par contre, la volonté sans intelligence est même dangereuse, car une action aveugle sans un principe ou une idée claire sur ses conséquences, peut aboutir à des résultats néfastes, comme, par exemple, l’action d’un dictateur ignorant. Donc, le Père Lévesque préconisait des actions, mais des actions éclairées. Pour lui, «  vivre est agir. »

  Alors, d’où vient l’intelligence et comment peut-on avoir la volonté? L’intelligence trouve son origine dans  éducation familiale, les écoles, les universités et finalement l’église. L’intelligence se forme par les expériences de vie, les conversations avec les amis, les lectures, les méditations et une foule d’autres situations journalières. L’intelligence se forme, évolue, se renouvelle constamment. Elle est dynamique et il faut toujours être en alerte pour la développer, la raffiner et la peaufiner.

  Ainsi l’intelligence s’apprend. Mais d’où vient la volonté? La volonté vient de la croyance à quelque chose valable; la volonté se forme à la famille depuis l’enfance; la volonté se forme par la foi chrétienne; la volonté se forme à travers les services volontaires depuis l’enfance; la volonté se forme par l’éducation qui enseigne la valeur de se donner aux intérêts d’une collectivité plus grande que soi-même.

  Pour le Père Lévesque, l’université doit être le centre de la formation professionnelle des leaders de prudence, c’est-à-dire, des leaders qui ont une harmonie entre l’intelligence et la volonté. L’université doit produire les leaders dont a besoin la société. D’où l’université doit servir au bien commun de la société. Jusqu’aux années  cinquante, le Québec n’avait pas des sociologues, des économistes, des experts en relations industrielles, des travailleurs sociaux. Alors, le Père Lévesque a fondé la Faculté des sciences sociales en vue de former des experts en économie, en sociologie, en travail social, en relations industrielles et d’autres experts qui peuvent gérer la société moderne.

 Le Père Lévesque est allé plus loin dans sa vision de l’université. L’université doit servir non seulement la société dont elle fait partie, mais aussi l’humanité tout entière. C’est ainsi qu’il fait le lien entre nationalisme et l’humanisme. Pour lui, l’humanisme est une extension du nationalisme. Cette pensée chez lui a joué un rôle déterminant, dans sa prise de position pour la souveraineté du Québec. Il voyait le Québec fort, autonome et prospère au sein du Canada. Il ne croyait pas au nationalisme étroit. En outre, il est intéressant de noter qu’il n’attachait pas une grande importance aux diplômes académiques. Il disait dans son livre Souvenance 3 (p.320) que ces insignes extérieurs ne trompent personne, à l’exception de ceux qui s’en servent comme masque.

 

L’humanisme du Père Lévesque a aboutit à la notion de liberté. Étant un grand chrétien, le Père Lévesque retrouve la liberté dans la foi chrétienne. D’après lui, la liberté est donnée par Dieu; la liberté est sacrée. Il luttait d’abord pour la liberté académique.

 

Dans les années cinquante, la  liberté académique n’était pas évidente, il faut se rappeler que le régime Duplessis était toujours là. Les professeurs et les étudiants de la Faculté des sciences sociales étaient considérés par la haute société québécoise conservatrice comme des « communistes. » Un jour, alors que j’étais invité par une famille très réputée, la dame voulait savoir si le Père Lévesque était un socialiste!