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정희수 칼럼

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  Dr. Joseph Chung - Column
 정희수 칼럼



Le plan d’urbanisme des villes et des villages se développait tout d’abords à partir de l’Église et au fur et à mesure de l’expansion démographique et les besoins qu’elle engendrait, les paroisses s’agrandissaient en périphérie.

La vie quotidienne des Québécois  était reliée directement à l’Église que ce soit pour les baptêmes, les mariages, les sacrements, les messes dominicales obligatoires, les confessions et les bingos. Les activités religieuses étaient parfaitement intégrées à la vie  quotidienne. L’islamisme est une religion qui parfaitement intégrée dans la vie quotidienne; il est rare que la chrétienté le soit. Le Québec était sans doute une des rares régions dans le monde de chrétien où la vie quotidienne est la vie religieuse. Je l’ai trouvé extraordinaire.

Outre les activités religieuses, les autres activités usuelles des paroissiens se déroulaient à la salle paroissiale voisine de l’Église et sous la supervision d’un ou des membres du clergé. Les paroissiens se regroupaient pour diverses réunions ou pour divertissements comme : réunions de la Fabrique de la Jeunesse Ouvrière, des Cercles des Fermiers, de théâtre, du bingo, etc.

Les sports, très souvent, comme le hockey était initié par le clergé. Habituellement, la patinoire plein air était située près de la salle paroissiale. Toutes les couches de la société étaient impliquées et les paroissiens de tous les âges y avaient leur place. J’ai pensé à un moment que cette organisation était un système enviable, car en Asie, il était impossible de trouver un endroit comme l’église qui joue le rôle catalyseur de la vie collective.

En outre, l’Église au Québec était l’agent principal des œuvres de charité et des services sociaux. À l’époque, il n’y avait pas du régime d’assurance maladie, du régime d’assurance chômage ou du régime de retraite. Bref, l’Église jouait bon gré mal gré le rôle d’agent providence. À l’époque, l’Église était la seule institution suffisamment équipée pour offrir aux Québécois et Québécoises le minimum de service de bien-être.

Par les rencontres régulières avec les paroissiens, les confessions et les confidences, l’Église par son clergé était en mesure de connaître les problèmes de la collectivité. Elle possédait des sources de renseignements qui leur permettaient de comprendre, d’aider, de secourir et d’intervenir dans les problèmes des individus et de leur famille. Le clergé pouvait donner de précieux conseil dans bien des sujets très diversifiés comme le mariage, la profession, le métier et même la politique. Vous comprendrez que dans de telles circonstances, les prêtres étaient les plus respectés et valorisés dans la société. Par ailleurs, le prestige d’une famille québécoise à ce moment-là était mesuré par le nombre de prêtres et de religieuses dans la famille.
La famille digne de ce nom devait avoir dans sa famille un ou deux prêtres et une ou deux religieuses.
Probablement, le rôle le plus important de l’Église était la sauvegarde de la langue française, de la foi chrétienne et de la culture française, bref, l’identité de la nation québécoise. Sans le rôle actif de l’Église, il n’aurait pas été possible pour la nation québécoise de maintenir son identité. Depuis la conquête de 1759, la langue française et la culture française ont été constamment menacées; l’Église seule a été l’institution bien organisée capable de faire face à la force et à la pression des anglophones.
L’omniprésence de l’Église a eu pour effet, sans doute, de stabiliser la société, mais d’autre part, elle a fait retarder l’évolution normale de la société québécoise sur le plan social et économique. Quoiqu’il en soit, cette stabilité a permis aux Québécois de  développer un certain romantisme et les arts. Une société qui se développe trop rapidement ne permettra pas facilement un tel romantisme. Par romantisme, j’entends la tendance des gens de percevoir la vie et le monde dans une perspective idéalisée.
Je pense que la stabilité de la société québécoise a certainement induit les Québécois à croire au bonheur stable et ceci se reflétait dans la tenue vestimentaire très soignée des Québécois. Je trouvais que le Québécois et les Québécoises s’habillaient d’une manière très sobre mais  élégante.
À l’époque, le clergé commandait beaucoup de respect. Ils représentaient le symbole de la stabilité et de l’ordre dans la société. On avait un sentiment de sécurité dans le cadre de la vie collective organisée par l’Église. Par ailleurs, ce sentiment de sécurité permettait aux gens de se contenter de ce qu’il était et de ce qu’il avait. Le sentiment de sécurité permettait également de rapports interpersonnels très chaleureux. Il se peut qu’une telle mentalité ait pu retarder le développement économique du Québec et la modernisation de la société québécoise. Néanmoins, quant à moi, je trouvais que la société québécoise de l’époque était charmante et attachante. Pour être franc avec vous, j’ai un attachement tendre et nostalgique à la société québécoise des années cinquante et soixante.
Dans les années cinquante et soixante, la Faculté des Sciences sociales de l’Université Laval était une université très catholique. À l’époque, on était jugé selon la conformité dans nos comportements aux normes établies par la Sainte Église catholique. Comme je vous l’ai dit plus haut, j’habitais chez Mme Paré. Pour me rendre à la Faculté des Sciences sociales, l’empruntais la rue d’Auteuil où se trouvait une jolie petite Église. Chaque matin j’y entrais pour assister à la messe. Je priais pour remercier Dieu et lui rendre gloire.