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정희수 칼럼

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  Dr. Joseph Chung - Column
 정희수 칼럼




                                                      Joseph Hee Soo Chung, Ph.D., Professor, UQAM

Pour survivre à cette lourde solitude, j’ai décidé d’établir une stratégie qui pourrait, peut-être m’aider. J’ai tente d’oublier mon passé, ce qui pourrait m’aider dans me lutte contre la solitude. J’ai réfléchi et analysé les causes de la solitude. J’en suis arrivé à la conclusion que l’impossibilité d’oublier le passé en était la cause. Donc, j’ai tenté de ne plus penser à ma famille, à mon pays, à mes amis. J’ai pensé que la meilleure façon d’oublier mon passé est de ne plus écrire à ceux qui m’étaient chers. Alors, pendant près de six mois, j’ai cessé d’écrire à ma mère. C’était absolument surprenant mais, cela fonctionnait. Cette décision  m’a permis de surmonter ma solitude dans une large mesure. J’ai réussi à renfermer mon passé dans un coin de mon cœur.

  Le temps passait et environ six mois après ma décision de ne plus écrire à me mère, un jour quelqu’un frappait à la porte de la maison et Mme Paré m’annoncé la visite d’un policier de la gendarmerie fédérale. Le policier m’a posé une question : « Êtes-vous Joseph Chung? » Je lui ai dit « Oui » Alors, il m’a dit « Vous devriez écrire plus souvent à votre mère! » Étant donne qu’elle ne recevait pas de mes nouvelles, ma mère avait contacté l’Ambassade canadien à Tokyo en leur demandant de faire une enquête pour me retracer. Par la suite, j’ai recommencé à écrire à ma mère. Cependant, j’ai continué d’oublier autant que possible mon passé.

 On dit toujours que tôt ou tard le passé nous rattrape. C’est vrai. Laissez-moi vous dire comment ceci s’est produit dans mon cas. Je suis retrouvé en Corée en 1974, soit 17 ans après mon départ de 1954. Je me suis rendu compte que j’avais des difficultés de m’exprimer en langue coréenne. Ceci m’a mis dans une situation très délicate. En 1979, je me suis retrouvé en Corée, cette fois-ci, j’étais invité par le Korea Research Intitute for Human Setllement, un institut de recherches en habitat et planification régionale appartenant au Ministère de la construction du gouvernement coréen. Or on m’a souvent demandé d’agir comme commentateur ou conférencier dans des séminaires. J’ai eu des sueurs froides, parce que j’avais de la difficulté de m’exprimer en langue coréenne. Voilà ce qu’il m’en coûtait d’avoir tenté d’oublier mon passé.

 Outre l’oubli de ma langue maternelle, cette tentative d’oublier mon passé m’a conduit à perdre mon identité. Je ne savais pas si j’étais un Québécois ou un Coréen. On ne peut pas être bien confortable, si on ne sait pas ce qu’on est, n’est-ce pas? Comme le veut l’expression, j’étais assis sur deux chaises. Voilà la crise d’identité. Je me trouvais dans une confusion totale et, il me fallait  retrouver mon équilibre intérieur.

Un été, je suis allé dans un village de la côte mexicain sur le Pacifique et je me suis enterré dans la lecture de nombreux livres sur la psychologie espérant me retrouver. Cette expérience m’a fait grand bien.

  Après quelques années d’efforts, j’ai réussi à trouver l’équilibre entre ces identités, à la fois comme Coréen et Québécois. Dès lors, j’apprécie le monde coréen et le monde québécois. Dès lors, je suis heureux et aussi confortable au Québec et qu’en Corée. Finalement je suis retrouvé et je m’accepte moi-même.

 L’équilibre entre les deux identités m’a permis d’apprécier pleinement les gens de différentes langues, de différentes cultures, de différentes origines ethniques et de différentes couleurs de la peau. Cet équilibre m’a permis d’être bien avec eux et avec moi-même. En somme, tous les êtres humains sont faibles, fragiles, vulnérables. Tous passent des moments de tristesse et d’angoisse. Tous ont besoins d’amitié, d’encouragement et d’aide. Dès qu’on constate ces conditions fondamentales et universelles des être humains, on peut plus facilement s’accepter soi-même ainsi que les autres et on peut facilement surmonter la solitude.

  8.3   Le Catholicisme

  La culture de catholicisme du Québec n’était pas difficile pour moi de l’accepter. Au contraire, je l’ai accepté et je l’ai pratiqué à la base quotidienne. Dans les années 1950 et 1960 l’Église catholique fut le centre de vie privée et collective des Québécois. La société du Québec était hiérarchisée sous la domination de l’Église et ceci permettait une stabilité et un ordre social discipliné dans la société. Il est vrai que le développement socio-économique avait été retardé à cause de la domination de l’Église, mais il est vrai aussi que grâce à elle, le Québec a pu conserver sa religion sa culture et sa langue, bref, son identité.

  La société du Québec de cette époque-là me faisait à penser à la société coréenne confucéenne caractérisée par une hiérarchie rigide et par une stabilité. Je me sentais à l’aise. J’ai bien aimé le respect que l’on manifestait envers les ainés et les clergés. Durant l’hiver, les étudiants et les étudiantes se promenaient dans le rue St-Jean; on y rencontre des prêtres; on enlève nos chapeaux noirs et disait `Bonsoir mon père!` et le prêtre répondait `Bonsoir mes enfants!` J’ai pensais qu’il y avait de chaleur humine dans les rapports sociaux. Honnêtement, j’ai l’attachement tendre à cette époque; il y avait même un romantisme; les prêtres étaient en quelque sorte un symbole de la stabilité sociale.

  Jusqu’aux années soixante, l’Église catholique dominait tous les secteurs de la vie collective. La vie collective était organisée autour de l’Église. Dans chaque ville et village, il y avait une ou plusieurs églises catholiques;  le clergé faisait figure d’autorité morale et même politique. À l’époque, les professionnels dominants étaient les clergés, les médecins et les notaires; ils répondaient directement aux besoins de citoyens.