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정희수 칼럼

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  Dr. Joseph Chung - Column
 정희수 칼럼




                                             Joseph Hee Soo Chung, Ph.D., Professeur UQAM

Un jour, alors que Bill, contremaître, près de moi et que Bob recommençait son harcèlement, je lui ai décoché une droite dans le cou. Il a réagit instantanément en me catapultant dans les airs. Je me suis retrouvé par terre. Bob me regardait tout surpris et admiratif de mon courage, car bien entendu, je ne faisais pas le poids. Nous sommes devenus de bons amis et il s’est nommé mon garde de corps.

 Y a-t-il de la discrimination raciale au Québec? Oui, cela est vrai. Mais, comme je le disais antérieurement, une bonne partie de ce phénomène est due à une mauvaise évaluation de différentes situations. Et ceci s’explique par le manque de compréhension mutuelle de la culture et de la façon de vivre des gens impliqués. Par conséquent, il me paraît important que les minorités visibles se forcent de mieux connaître le Québec d’une par et d’autre part, que les Québécois comprennent plus les minorités et les acceptent. Heureusement, le gouvernement du Québec a mis sur pied d’une série de programmes ayant pour but de rapprocher les minorités visibles et la majorité. J’apprécie beaucoup ces initiatives gouvernementales, mais sans la collaboration et la participation de l’ensemble du peuple québécois, le succès de ces nobles initiatives n’est pas garanti.

 Il y a également une autre forme de discrimination raciale plus subtile. Ceci se produit dans le milieu du travail surtout dans les bureaux du gouvernement qui desservent des clientèles d’immigrants. Plusieurs personnes m’ont confié qu’il y avait de la discrimination entre les minorités visibles elles mêmes. Ceci s’explique sans doute par la concurrence, l’envie ou la jalousie. Dans certains bureaux du gouvernement, ils se forment des groupes d’influence entre des personnes d’une même ethnie. Alors, les gens d’autres groupes ethniques qui vont par affaires dans ces ministères, se sentent discriminés par eux.  

Il faut faire bien attention à ce genre de discrimination malsaine. Il faudra peut-être un jour un système de quota de postes de fonctionnaires pour différents groupes ethniques.

8.2   La solitude

 L’une des difficultés majeures de quelqu’un qui étudie loin de chez lui est certainement la solitude. Le sentiment de solitude est attribuable non seulement au fait qu’on est loin physiquement de gens proches, mais aussi au fait qu’on doit s’adapter à une langue étrangère, à une culture différente, à une façon particulière de vivre et surtout à des rapports interpersonnels différents. Il est clair que la plus dure est le fait que qu’on soit loin de ses parents, de frères et sœurs et de ses amis avec qui on pourrait partager les joies et les peines.

  Je me souviens de mon premier Noël à Québec. J’habitais chez Mme Paré dans la paroisse St. Cœur de Marie tout près de la colline parlementaire. C’était la veille de Noël et il neigeait. De gros flocons de neige tombaient doucement dans la nuit calme. On entendait les cloches de l’Église annonçant la messe de minuit. Par la fenêtre de ma chambre au sous-sol de la maison, je regardais passer les familles qui s’en allaient assister aux célébrations de Noël. Soudain, des larmes chaudes coulaient doucement sur mes joues. J’ai pensé à ma mère, à mes frères, à mes sœurs, à mes amis et surtout à une amie très chère. Je me sentais si seul. La solitude m’écrasait tellement que je ressentais une douleur physique, douleur viscérale d’une telle intensité que la souffrance était intolérable.

  Je ne sais pas pendant combien de temps je suis demeuré paralysé devant la fenêtre. Tout à coup, je me suis senti une pression sur mes épaules. C’était Yves, mon voisin de chambre qui était là. Discrètement, il glissait une bouteille de gin dans mes mains, sans dire un mot, il quittait ma chambre pour aller rejoindre sa fiancée pour y célébrer la Fête de Noël dans la famille de cette dernière. Yves était étudiant en sociologie à la Faculté des sciences sociales à l’Université Laval.

 Après son départ, j’ai littéralement vidé la bouteille de gin et je me suis endormi très profondément pendant plus de quinze heures. Quant je me suis réveillé, j’étais surpris de voir Mme Paré dans ma chambre et presque au bord des larmes. Étant donné que pendant plus de quinze heures, elle ne m’avait pas vu paraître aux repas, elle était très inquiète. C’est pourquoi elle était venue à ma chambre pour savoir ce qui s’est passé. En me voyant elle était très soulagée.

  Après quelques jours, Yves est revenu et j’ai essayé de lui remercier pour ce qu’il a fait. Il m’a dit tout simplement, « Jos, tu feras le même pour les autres dans une situation pareille.» Cet épisode m’a marqué profondément; c’était une manifestation de l’amour chrétien. Au fait, dans ma vie, j’ai essayé de pratiquer ce que mon ami, Yves, m’a enseigné. Je ne sais pas où il est en ce moment. Je tiens à lui remercier pour son amitié,

  La famille Paré était une grande famille. Parmi les enfants de Mme Paré, deux d’entre eux étaient prêtres et une fille était religieuse. C’était une famille très unie. On me considérait comme un membre de la famille, ce qui m’aidait grandement dans une lutte contre la solitude. Régulièrement, je me rejoignais à eux pour le petit déjeuner. Je vous fais une confidence : les cretons de Mme Paré avaient un goût extraordinaire. Le foyer de Mme Paré était pour moi un havre d’amour et de paix. Que Dieu bénisse la famille Mme Paré! Si Mlle Thérèse Paré a l’occasion de lire ce livre, j’aimerais lui dire que sa famille m’était très précieuse et le sera toujours.